- Un couple de quinquagénaires a été contraint de transférer 900 000 euros en bitcoins lors d’un homejacking orchestré par trois individus munis d’une arme blanche.
- Cette agression physique est la dernière parmi plus de 17 autres affaires similaires enregistrées en France à l’encontre des détenteurs de cryptomonnaies depuis début 2026.
Un couple résidant au Chesnay, dans les Yvelines, a vécu un calvaire hier, lundi 9 mars au matin. Trois malfaiteurs, usurpant l’identité de policiers, ont pénétré à leur domicile pour leur soutirer une somme équivalente à 900 000 euros en actifs numériques. Leur attaque illustre une fois de plus les risques physiques croissants liés à la détention de cryptomonnaies.
3 faux policiers contraignent les victimes à un transfert en apparence irréversible
Le mode opératoire utilisé témoigne d’une préparation minutieuse des assaillants. En se présentant comme des forces de l’ordre, les trois individus ont réussi à s’introduire chez les victimes, âgées de 58 et 59 ans, sans effraction initiale. Une fois à l’intérieur, la situation a basculé : l’épouse a été menacée avec un couteau et blessée à l’épaule.
Son mari, lui, était sommé d’exécuter un virement immédiat de ses fonds vers un portefeuille numérique extérieur. Sous la contrainte, l’homme a transféré l’équivalent de près d’un million d’euros BTC, une transaction par nature irréversible en apparence sur la blockchain. Après avoir obtenu les fonds, les ravisseurs ont ligoté le quinquagénaire sur son canapé avant de prendre la fuite à bord d’une camionnette blanche.
L’alerte a pu être donnée vers 9h par les victimes elles-mêmes auprès de leurs voisins. Le parquet de Versailles a immédiatement ouvert une enquête pour vol avec arme en bande organisée et séquestration. Il a confié les investigations à la Brigade de répression du banditisme (BRB) et à ce stade, les agresseurs sont toujours en fuite. L’analyse de la trace des fonds sur la blockchain constitue désormais un enjeu clé pour les enquêteurs.
La sécurité physique devient un enjeu critique pour les détenteurs de cryptos
Cette agression spectaculaire n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une recrudescence inquiétante de la criminalité violente visant les investisseurs crypto en France. Depuis le début de l’année 2026, les services de police notent une multiplication des tentatives d’enlèvements et de séquestrations avec demande de rançon. Le précédent majeur reste l’agression manquée du PDG France de Binance, David Prinçay suivi de la séquesration d’une famille de Seine-et-Marnel en février. Ces événements rappellent que la protection numérique des clés privées ne suffit plus face à la menace du home-jacking.
Pour les détenteurs d’actifs importants, la discrétion et la mise en place de protocoles de sécurité physique deviennent indispensables. La police judiciaire qui s’inquiète de l’explosion de ce phénomène en France recommande aux détenteurs de cryptos, plus d’attention. L’utilisation de solutions de multi-signature, nécessitant la validation de plusieurs personnes ou dispositifs géographiquement séparés doit être utilisée.
Les experts recommandent aussi le recours à des options de passphrase cachée, peuvent permettre de limiter les pertes en cas d’extorsion directe. Cette affaire du Chesnay souligne que la popularité des cryptomonnaies attire désormais des réseaux criminels organisés. Ils sont prêts à employer la violence physique pour s’emparer de patrimoines numériques difficilement saisissables par les méthodes de vol traditionnelles.

