- Depuis le 1er janvier 2026, les portefeuilles e-CNY sont rémunérés au même titre que les dépôts bancaires.
- L’avance chinoise sur les monnaies numériques rémunérées oblige l’Europe à repenser l’attractivité de son futur euro numérique.
Depuis le 1er janvier 2026 Banque Populaire de Chine (PBOC) permet désormais aux banques commerciales de verser des intérêts sur les portefeuilles e-CNY vérifiés. Ce changement structurel fait passer le yuan numérique d’un simple substitut au cash à une véritable monnaie de dépôt. Il est désormais capable de rivaliser avec les livrets d’épargne traditionnels.
Pourquoi cette décision est-elle un « game changer » pour la Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) chinoise
Jusqu’à présent, le yuan numérique était classé comme « M0 » (monnaie fiduciaire en circulation). Celé signifiait qu’il ne rapportait rien à son détenteur. En autorisant le versement d’intérêts, la Chine lève le principal frein à son adoption massive face aux géants du paiement privé comme Alipay et WeChat Pay. Désormais, détenir des e-CNY devient financièrement équivalent à un dépôt bancaire classique. Cela s’accompagne de la garantie supplémentaire de l’assurance des dépôts nationaux.
Techniquement, cette mesure permet aux banques d’intégrer le yuan numérique dans leur bilan. Elles peuvent l’utiliser pour la gestion de leurs actifs et passifs. En attirant les liquidités des particuliers vers ce nouveau format, les autorités chinoises renforcent leur contrôle direct sur la masse monétaire.
Ils profitent aussi pour collecter des données précieuses sur les flux financiers en temps réel. Cette stratégie de « monnaie productive » est une première mondiale pour une grande puissance. Les banques centrales occidentales ont jusqu’ici évité les intérêts sur leurs MNBC pour ne pas déstabiliser le système bancaire.
Quelles conséquences pour la France et l’Europe ?
Cette offensive chinoise met la pression sur la Banque Centrale Européenne (BCE). Actuellement, les travaux sur l’euro numérique sont en cours. Cet avance technologique et incitative de la Chine pourrait forcer l’Europe à accélérer son calendrier pour ne pas perdre sa souveraineté monétaire.
Imaginon, le yuan numérique devient une monnaie internationale rémunérée et facile à utiliser pour les échanges transfrontaliers (via le projet mBridge). Il pourrait séduire certaines entreprises françaises commerçant avec l’Asie, contournant ainsi le réseau SWIFT et le dollar.
Si l’e-CNY s’impose comme un standard mondial de paiement rémunéré, l’euro pourrait être relégué au second plan dans le commerce international. Cette décision chinoise valide ainsi l’urgence pour l’Europe de déployer un euro numérique compétitif. Cette monnaie stable serait capable de protéger les données des citoyens tout en offrant une alternative souveraine aux solutions américaines et chinoises.

