- Le gouvernement britannique a publié sa Fraud Strategy 2026-2029, identifiant les arnaques aux actifs numériques comme une menace prioritaire.
- Toutes les entreprises crypto, opérant au Royaume-Uni devront obtenir un agrément de la FCA et se plier aux mêmes standards que les banques d’ici octobre 2027.
Le ministère de l’Intérieur britannique a dévoilé cette semaine sa nouvelle stratégie nationale de lutte contre la fraude pour la période 2026-2029. Ce document de politique publique classe officiellement les escroqueries liées aux actifs numériques parmi les menaces croissantes. Alors même, que les pertes liées à la fraude ont atteint 14,4 milliards de livres sur l’exercice précédent.
Londres impose une supervision totale de la FCA sur le secteur d’ici 2027
Le gouvernement a confirmé que le cadre réglementaire des services financiers (FSMA) sera pleinement étendu aux actifs numériques à compter du 25 octobre 2027. Sous ce nouveau régime, les plateformes d’échange, de garde et de prêt devront obligatoirement être autorisées par la Financial Conduct Authority (FCA). Ce changement de paradigme met fin à la période de simple enregistrement pour la lutte contre le blanchiment (AML). Il impose désormais aux acteurs crypto des standards de transparence, de gouvernance et de protection des clients identiques à ceux des institutions financières traditionnelles.
La décision intervient après que les données d’UK Finance ont révélé une hausse de 55 % des pertes liées aux arnaques crypto en un an. Pour préparer cette transition, la FCA ouvrira une période de dépôt des dossiers de demande d’agrément dès le 30 septembre 2026. L’objectif de la Chancelière Rachel Reeves est de verrouiller le marché britannique pour les acteurs douteux.
En même temps, elle veut offrir une clarté juridique sans précédent aux entreprises légitimes. En intégrant les cryptomonnaies dans le périmètre réglementaire classique, Londres espère restaurer la confiance des investisseurs.
Une enveloppe de 250 millions de livres pour contrer les réseaux de fraude internationaux
Pour soutenir ses ambitions, le gouvernement britannique prévoit d’investir 250 millions de livres sur trois ans dans des dispositifs de détection et de répression. Une partie de ces fonds sera allouée à la création d’un Online Crime Centre. Il s’agira d’une plateforme public-privé de partage de données en temps réel prévue pour le deuxième trimestre 2026.
Cette initiative vise spécifiquement les réseaux de fraude industrialisés. Ils utilisent souvent les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle pour mener des campagnes d’ingénierie sociale à grande échelle. La stratégie souligne que 75 % des fraudes affectant les citoyens britanniques trouvent leur origine à l’étranger.
En parallèle, la Serious Fraud Office (SFO) et la National Crime Agency (NCA) verront leurs capacités d’investigation on-chain renforcées pour saisir les actifs illicites plus rapidement. Les autorités britanniques collaborent également avec le département de la Justice américain (DoJ) via une Transatlantic Taskforce pour démanteler les infrastructures de blanchiment en cryptomonnaies à travers le monde. Le Royaume-Uni tente ainsi de créer l’un des environnements les plus hostiles au monde pour la cybercriminalité financière.

