- Deux agresseurs ont écopé de neuf et cinq ans de prison ferme pour une tentative d’extorsion crypto pendant Halloween.
- Les victimes, une famille de Revelles, doivent être indemnisées à hauteur de 21 000 euros pour le préjudice moral subi.
Le tribunal correctionnel d’Amiens a rendu son verdict ce lundi dans une affaire d’agressions physiques ciblant les détenteurs de portefeuilles numériques. Deux individus, âgés de 19 et 24 ans, ont été reconnus coupables de séquestration et de violences aggravées. Ils ont, en effet, tenté une extorsion de fonds crypto le 31 octobre dernier.
Retour sur les faits violents motivés par le transfert d’actifs numériques
Les faits se sont déroulés dans la commune de Revelles ; trois individus encagoulés ont forcé l’entrée d’un domicile familial. Les agresseurs ont immobilisé le couple, leurs deux enfants en bas âge et la grand-mère. Ils ont violenté physiquement et menacé de mutilation le père de famille pour le contraindre à effectuer un transfert de cryptomonnaies via son téléphone portable. Malgré la pression exercée, la victime est parvenue à se défaire de ses liens. Son action a provoqué la fuite des malfaiteurs sans qu’aucun actif ne soit dérobé.
L’enquête a été ensuite facilitée par la géolocalisation d’un téléphone volé lors de l’intrusion. Elle a débouché sur l’interpellation de deux des suspects en Seine-et-Marne deux mois après les faits. Lors de l’audience, les prévenus ont admis leur participation tout en tentant de minimiser leur rôle. La défense a plaidé la thèse de l’exécution d’ordres émanant d’un commanditaire anonyme. Elle présente les jeunes hommes comme de simples exécutants dans une structure criminelle plus vaste dont le cerveau reste, à ce jour, non identifié par les services de police.
La montée des risques physiques pour les investisseurs particuliers
Ce dossier met en lumière une tendance sécuritaire préoccupante observée tout au long de l’année 2025 en France et surtout en Janvier 2026. Il s’agit du passage des cyberattaques virtuelles aux agressions physiques à domicile, souvent appelées homejackings cryptos. La visibilité croissante des gains liés aux actifs numériques attire des profils criminels.
Mais, ils privilégient désormais l’extorsion directe sous la contrainte physique plutôt que le piratage informatique complexe. Pour les victimes, les conséquences dépassent largement le cadre financier. En effet, le traumatisme psychologique aurait ici conduit la famille à mettre son bien immobilier en vente.
Le tribunal a souligné la gravité exceptionnelle des actes, marquant une volonté de fermeté face à ce type de criminalité émergente. En plus des peines de prison, les condamnés devront verser 7 000 euros à chacun des trois adultes présents lors de l’agression.
Un troisième complice, considéré comme un proche du commanditaire, demeure activement recherché par les autorités. Cette affaire rappelle la nécessité pour les investisseurs de maintenir une discrétion absolue sur leurs avoirs numériques. Ainsi, ils pourront limiter les risques de ciblage par des réseaux criminels organisés.

