- Autrefois limité aux États-Unis et au Royaume-Uni, le stablecoin PYUSD est désormais accessible dans 70 pays.
- PayPal exporte son modèle de solde rémunéré avec un objectif de rendement annuel de 4 %, défiant les systèmes bancaires traditionnels.
Le géant du paiement PayPal ouvre l’accès à son stablecoin, le PYUSD, à 68 nouveaux marchés. Cette expansion a été confirmée ce 17 mars 2026 par May Zabaneh, vice-présidente senior de la division crypto. La firme cible des régions clés en Amérique latine, en Afrique et en Asie, PayPa. Elle transforme ainsi son réseau de paiement traditionnel en un système de distribution de dollars numériques global, accessible instantanément et à moindre coût.
Le PYUSD devient rempart contre l’inflation et les frais de transfert internationaux
La stratégie de PayPal cible prioritairement les économies où l’accès au dollar est complexe ou coûteux. Au Pérou ou en Ouganda par exemple, les utilisateurs peuvent désormais conserver leurs fonds directement en PYUSD, adossé au billet vert. Ils évitent ainsi la volatilité des monnaies locales et les frais de conversion élevés lors de retraits en devises nationales. Cette logique de solde introduite par PayPal permet d’envoyer et de recevoir des fonds vers des portefeuilles externes. Elle permet aussi de maintenir une épargne stable au sein de l’application. Pour les commerçants de ces zones, l’intégration du PYUSD offre une rapidité de règlement inédite, affranchie des délais des correspondants bancaires classiques.
Au-delà du simple transfert, PayPal exporte son concept de rendement. Aux États-Unis, le PYUSD génère déjà 4 % d’intérêts annuels, une offre que la firme souhaite généraliser malgré les résistances réglementaires. En proposant une rémunération sur un actif stable et liquide, PayPal se positionne comme un concurrent direct des comptes d’épargne locaux. Cette accélération intervient alors que la capitalisation du PYUSD dépasse désormais les 4 milliards de dollars.
L’Union européenne face au défi réglementaire des stablecoins rémunérés
Si l’expansion concerne l’Europe, l’arrivée du rendement de 4 % sur le PYUSD en France et dans le reste de l’Union européenne reste incertaine. Le régulateur européen, via le règlement MiCA, encadre strictement les stablecoins et voit d’un mauvais œil les actifs numériques privés offrant des intérêts, craignant une déstabilisation des dépôts bancaires. La Banque de France et la BCE privilégient le développement de l’euro numérique. Cette politique limite potentiellement l’attractivité des solutions américaines jugées problématiques pour la souveraineté monétaire de la zone.
Malgré ces obstacles, le déploiement mondial de PayPal envoie un signal fort à l’industrie financière. Sous la direction de son nouveau PDG Enrique Lores, l’entreprise mise sur la blockchain pour réduire ses coûts opérationnels et fidéliser ses 400 millions d’utilisateurs. Pour l’investisseur européen, cette ouverture permet une plus grande flexibilité dans la gestion des actifs transfrontaliers. PayPal ne se contente plus de faciliter les paiements, il bâtit une infrastructure de distribution monétaire hybride. Elle serait capable de s’adapter aux spécificités réglementaires de chaque continent tout en imposant le standard du dollar numérique.

