- Le document de travail prévoit sept forks successifs, espacés de six mois, pour moderniser la blockchain d’ici la fin de la décennie.
- Les objectifs techniques visent une capacité de 10 000 transactions par seconde sur le réseau principal et une confidentialité native.
Le protocole Ethereum entre dans une phase de transparence proactive avec la publication de la Strawmap. Ce document, issu des ateliers de la Fondation Ethereum de janvier 2026, propose une vision holistique des mises à jour de la couche de base (L1). Plus qu’une simple feuille de route, il s’agit d’un projet à amender, reconnaissant qu’un plan officiel est impossible dans un écosystème aussi décentralisé.
Une architecture structurée autour de cinq objectifs
La Strawmap définit cinq objectifs cardinaux qui servent de guides pour les futurs développements. Le réseau vise ainsi le fast L1 pour une expérience utilisateur instantanée avec une finalité en deux secondes. Il vise aussi à atteindre une capacité de traiter 10 000 transactions par seconde via des preuves zkEVM en temps réel. Pour les couches secondaires, le teragas L2 projette une capacité de 10 millions de transactions par seconde grâce au data availability sampling. Enfin, la sécurité post-quantique et la confidentialité native via des transferts d’ETH protégés complètent cette refonte profonde.

Le document organise ces évolutions en trois couches horizontales : consensus (CL), données (DL) et exécution (EL). Des flèches indiquent les dépendances techniques strictes entre chaque brique logicielle. Pour maintenir un rythme soutenu, le processus limite chaque fork à un changement majeur par couche. Par exemple, le fork Glamsterdam se concentrera sur l’ePBS pour le consensus et les BALs pour l’exécution. Cette méthode permet de segmenter la complexité tout en assurant une livraison continue d’innovations.
Un calendrier semestriel face au défi de la décentralisation
Le calendrier de la Strawmap repose sur une cadence d’un fork tous les six mois environ. Les noms des prochaines étapes suivent une nomenclature stellaire alphabétique : après Electra et Fulu, les forks Glamsterdam et Hegotá sont déjà finalisés, tandis que les suivants (I* et J*) restent des noms de code. Bien que le plan s’étende jusqu’en 2029, ses auteurs soulignent que ces délais pourraient être compressés par l’adoption de l’IA dans le développement et la vérification formelle du code.
L’équipe d’architecture de l’EF, incluant Justin Drake et Barnabé Monnot, insiste sur le fait que ce document est vivant et sera mis à jour trimestriellement selon les retours de la communauté. L’objectif est de transformer la recherche théorique en une réalité technique concrète, en intégrant notamment la vision Lean Ethereum aux initiatives de court terme. Cette transparence vise à coordonner les millions de contributeurs potentiels vers un chemin cohérent au milieu d’une multitude de trajectoires possibles pour le réseau.

