- BNP Paribas a émis des parts tokenisées d’un fonds monétaire domicilié en France sur la blockchain publique Ethereum le 20 février 2026.
- Le projet utilise le standard ERC-3643 pour restreindre la détention et le transfert des jetons aux seuls investisseurs autorisés.
BNP Paribas choisit Ethereum pour essayer d’unir la finance traditionnelle et les infrastructures décentralisées. La banque française délaisse les réseaux privés pour tester la résilience d’une blockchain publique. En même temps, il intègre des garde-fous réglementaires stricts pour les institutionnels.
Une infrastructure française sur le réseau mondial Ethereum
L’innovation majeure de ce projet réside dans le déploiement d’un instrument financier de droit français sur une infrastructure publique mondiale. Contrairement aux expérimentations précédentes réalisées sur des registres privés, BNP Paribas a cette fois-ci porté un fonds domicilié en France directement sur Ethereum. L’objectif est de démontrer que le cadre juridique français est compatible avec les technologies de registres distribués (DLT). Les parts sont émises via la plateforme AssetFoundry et utilisent un modèle d’accès permissionné. Ce système hybride permet de bénéficier de la sécurité d’Ethereum tout en s’assurant que chaque détenteur de jeton a été identifié (KYC). Et ce, conformément aux exigences de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF).
En plus, ce pilote a mobilisé l’ensemble des métiers du groupe pour valider une chaîne opérationnelle complète. BNP Paribas Asset Management a officié en tant qu’émetteur. Tandis que la division Securities Services a assuré les fonctions d’agent de transfert et de gestion des portefeuilles numériques. En internalisant la conservation des clés privées et la gestion du registre sur la blockchain, BNP Paribas démontre sa capacité à remplacer les processus de traitement par lots traditionnels par un règlement atomique. L’utilisation du standard ERC-3643 permet d’intégrer des règles de conformité programmables. Elle rend les parts de fonds capables de refuser d’elles-mêmes un transfert vers une adresse non autorisée.
La tokenisation : nouveau standard de liquidité
Pour BNP Paribas, la tokenisation des fonds monétaires français répond aux besoins de flexibilité des trésoreries d’entreprises. Ces fonds bénéficient énormément de la réduction des délais de règlement-livraison. En 2026, la tokenisation permet d’envisager un traitement des souscriptions et rachats en temps réel, 24h/24 et 7j/7. Ce qui brise les contraintes horaires des systèmes bancaires classiques. Cela sert de banc d’essai pour évaluer la sécurité d’une distribution on-chain à grande échelle, avant une ouverture potentielle aux clients externes.
Parallèlement, la banque accélère sur le projet Qivalis, un consortium visant à émettre un stablecoin euro conforme à MiCA. L’interconnexion entre ces fonds monétaires français et un stablecoin institutionnel permettrait de créer un écosystème financier complet, où le règlement des titres se ferait instantanément contre paiement numérique. En s’appuyant sur Ethereum, BNP Paribas se positionne stratégiquement face à des concurrents américains comme BlackRock. La maîtrise de la tokenisation des actifs réels (RWA) est devenue un levier de souveraineté pour la finance française.

