- Un ancien développeur web qui a voulu vendre des métaux précieux a été victime d’une escroquerie crypti à Valence le 17 février dernier.
- L’acheteur a utilisé un jeton numérique personnalisé, sans valeur marchande, pour simuler le règlement d’une collection d’or et d’argent.
À Valence, un ancien développeur web de 45 ans a été dépossédé de sa collection de pièces d’or et d’argent, estimée à 24 000 euros,. Il aurait accepté un paiement en cryptomonnaies dont il ne maîtrisait pas les caractéristiques techniques.
Un stratagème basé sur la création de jetons sans valeur
La tromperie a débuté sur la plateforme de vente entre particuliers Leboncoin, où la victime proposait son lot de métaux précieux. L’acheteur a habilement suggéré un règlement en actifs numériques sous prétexte de sécurité pour éviter le transport d’une importante somme en numéraire. Lors du rendez-vous physique, l’escroc a effectivement procédé à un transfert de jetons vers le portefeuille numérique du vendeur. Sur le moment, l’affichage du transfert a suffi à rassurer la victime, qui a remis l’intégralité de sa collection.
Ce n’est qu’après le départ de l’acheteur que le vendeur a réalisé la nature de la fraude. Les jetons reçus n’étaient répertoriés sur aucune plateforme d’échange et ne possédaient aucune liquidité. Techniquement, n’importe quel individu peut créer un contrat intelligent sur une blockchain comme Ethereum ou Polygon pour émettre des jetons aux noms évocateurs. Ces fausses cryptomonnaies n’ont de valeur que celle que l’escroc prétend leur donner lors de la transaction. En l’espèce, le titre de propriété numérique reçu par la victime était une coquille vide. Il étit totalement déconnecté des marchés financiers réels.
La méconnaissance des rouages cryptos a constitué le levier d’extorsion
Malgré son passé professionnel de développeur web, la victime a admis avoir péché par naïveté face à la complexité de l’écosystème crypto. L’escroc a profité de la confusion entre les stablecoins réglementés, indexés sur l’euro et les jetons arbitraires créés en quelques clics. Cette affaire illustre une tendance croissante des délits de proximité où la technologie blockchain est détournée. On l’utilise dorénavant pour donner un vernis de modernité à des vols à l’astuce traditionnels.
Les autorités rappellent que pour toute transaction physique impliquant des actifs numériques, l’utilisation de plateformes d’entiercement ou la vérification rigoureuse de l’adresse du contrat (smart contract) du jeton est impérative. Dans le cas présent, le préjudice est total puisque les pièces d’or sont difficilement traçables une fois écoulées sur le marché noir. Encore que l’anonymat relatif du portefeuille de l’escroc complique les investigations. La victime a déposé plainte, espérant que les données de connexion liées à l’annonce Leboncoin permettront d’identifier l’auteur de ce détournement.

