- John Daghita, fils du dirigeant d’un prestataire du gouvernement américain, a été interpellé à Saint-Martin lors d’une opération d’élite.
- Le suspect est accusé d’avoir détourné 46 millions de dollars en cryptomonnaies saisies par le United States Marshals Service (USMS).
La coopération policière internationale a permis de neutraliser la cible dans les Antilles, entre la nuit du 4 au 5 mars 2026. Une unité d’élite du GIGN de Guadeloupe, épaulée par le FBI et la section de recherches locale, a mené un assaut coordonné sur l’île de Saint-Martin. Ensemble, ils ont capturé John Daghita, l’auteur présumé d’un vol massif d’actifs numériques de l’état.
John Dagita a détourné les actifs saisis à cause d’un accès privilégié qu’il détient
L’arrestation de John Daghita, connu sous le pseudonyme Lick dans la sphère criminelle, met fin à une enquête complexe débutée en janvier 2026. Le suspect aurait exploité sa position au sein de Command Services & Support (CMDSS), l’entreprise de son père chargée par les US Marshals de gérer et de liquider les cryptomonnaies saisies. Il s’est ainsi approprié plus de 46 millions de dollars des fonds qui proviendraient en grande partie de saisies historiques, notamment celles liées au piratage de la plateforme Bitfinex en 2016. Lors de son interpellation, les forces de l’ordre ont saisi une mallette métallique contenant des liasses de billets de 100 dollars, ainsi que plusieurs clés Ledger et supports de stockage sécurisés.
Ce vol d’actifs numériques met en lumière les vulnérabilités criantes des systèmes de garde du gouvernement américain. En confiant la gestion de milliards de dollars de crypto-actifs à des prestataires externe sans protocoles d’accès multi-signatures rigoureux, l’USMS a permis une faille humaine majeure. L’enquête a révélé que Daghita avait effectué des transferts en temps réel vers ses portefeuilles personnels. Il a utilisé des mixeurs de cryptomonnaies pour tenter de brouiller les pistes. Cette arrestation est perçue comme un signal fort de la part de la Maison-Blanche, marquant une volonté de sécuriser les réserves numériques nationales face aux menaces internes.
L’enquête blockchain de ZachXBT au cœur de l’identification
Le dénouement de cette affaire doit beaucoup au travail d’investigation de ZachXBT. Cet enquêteur on-chain avait publiquement exposé Daghita dès le mois de janvier. Grâce à une analyse minutieuse des mouvements sur la blockchain, ZachXBT avait réussi à lier une adresse contenant 23 millions de dollars en Ethereum directement au suspect. Ce dernier avait accidentellement révélé son identité lors d’une dispute sur Telegram. Malgré les preuves accablantes, Daghita avait continué de narguer l’enquêteur et les autorités. Il allait jusqu’à effectuer des attaques de poussière (dust attacks) sur le portefeuille public de ZachXBT pour tenter de l’incriminer.
La capture à Saint-Martin, territoire sous juridiction française, a nécessité une coordination sans faille entre le FBI et l’Antenne GIGN de Guadeloupe. Cette intervention démontre que les juridictions insulaires ne constituent plus des zones de repli sûres pour les cybercriminels. John Daghita doit maintenant faire l’objet d’une procédure d’extradition vers les États-Unis. Là-bas, il fera face à des chefs d’accusation de fraude électronique, de blanchiment d’argent et de vol de propriété gouvernementale. Cette affaire pourrait entraîner un audit complet de tous les contrats de garde de cryptomonnaies passés par le département de la Justice. Cela permettra d’éviter qu’un tel détournement ne se reproduise.

