- Le président polonais, Karol Nawrocki, a opposé son veto pour la deuxième fois au règlement européen MiCA dans le droit national le 12 février 2026.
- Le blocage est dû aux pouvoirs jugés excessifs accordés à l’autorité polonaise de surveillance financière, comme la suspension des comptes et les amendes.
Alors que l’ensemble des États membres de l’Union européenne a déjà amorcé la transition vers le cadre MiCA, la Pologne s’affirme comme l’unique point de résistance. Un second veto présidentiel, survenu en ce mois de février 2026, plonge les prestataires de services locaux (CASP) dans une incertitude totale. Et ce, à quelques mois seulement de l’échéance critique du 1er juillet 2026, date de fin de la période transitoire au sein de l’UE.
Un conflit entre protection souveraine et bureaucratie européenne
Les motivations de la présidence, portées par Karol Nawrocki, s’articulent autour de la défense des libertés individuelles et de la compétitivité des entreprises polonaises. Selon le palais présidentiel, le texte proposé par le gouvernement accorderait à l’Autorité polonaise de surveillance financière (KNF) un énorme droit sur les entreprises du secteur sans garanties judiciaires suffisantes. Le président dénonce une sur-réglementation qui, sous couvert d’harmonisation européenne, risquerait d’étouffer les start-ups locales au profit des grands groupes bancaires et des plateformes étrangères. Cela pousserait aussi l’innovation polonaise vers les États baltes ou d’autres juridictions plus clémentes.
Le spectre d’une exclusion du marché unique européen
Pour le gouvernement Tusk, ce blocage est perçu comme un acte d’obstruction politique grave. Le ministre des Finances, Andrzej Domański, alerte sur le fait que l’absence de loi nationale empêche la mise en place d’un système de licence conforme aux standards européens. Sans ce cadre, les plateformes polonaises se retrouveront dans un vide juridique le 1er juillet 2026. Elles ne pourront plus légalement servir les clients des autres pays de l’Union. De plus, la Commission européenne pourrait lancer une procédure d’infraction contre Varsovie pour manquement à ses obligations communautaires.
L’industrie crypto polonaise, autrefois l’une des plus dynamiques du continent, se fragmente désormais. Si certains acteurs saluent le veto comme une protection contre une KNF omnipotente, d’autres craignent que ce retard ne sonne le glas de leur activité. En 2026, l’Europe cherche à unifier son marché des actifs numériques pour rivaliser avec les États-Unis. Mais, la Pologne semble choisir une voie solitaire, transformant un débat technique sur la blockchain en un symbole de résistance politique face aux directives de Bruxelles.

