- Le Royaume-Uni prévoit d’intégrer les activités crypto au cadre des services financiers traditionnels d’ici octobre 2027.
- Les plateformes, services de conservation, intermédiaires seront soumis à des autorisations et à de la transparence accrue.
Le Royaume-Uni veut améliorer son cadre réglementaire applicable aux cryptoactifs. D’ici octobre 2027, une large partie de l’industrie des actifs numériques devrait être intégrée au droit commun des services financiers. Cela se fera sous la supervision directe de la Financial Conduct Authority (FCA).
Il ne s’agira plus uniquement de lutter contre le blanchiment, mais d’encadrer les activités crypto comme des services de marché à part entière. Il sera lors exigé des règles en matière de gouvernance, de transparence et de protection des consommateurs.
Le Royaume-Uni étend la supervision de la FCA à l’ensemble des activités crypto
Le projet porté par le Trésor britannique introduit un nouveau périmètre réglementaire couvrant plusieurs activités clés :
- exploitation de plateformes de trading,
- services de conservation et d’intermédiation, ainsi que
- certains modèles de prêt et d’emprunt en cryptoactifs.
Les entreprises concernées devront obtenir des autorisations spécifiques, se conformer à des exigences de contrôle interne et de gestion des risques, et faire l’objet d’une supervision continue de la FCA.
La portée du dispositif se veut également extraterritoriale. En effet, les prestataires non établis au Royaume-Uni, mais proposant des services crypto ciblant des consommateurs britanniques, pourraient être soumis aux règles locales.
Cette approche vise à limiter l’arbitrage réglementaire et à renforcer l’effectivité du contrôle. Elle s’appuie sur une réalité de marché en forte expansion. Environ 12 % des adultes britanniques détenaient des cryptoactifs en 2024, contre 4 % en 2021, selon les données du régulateur.
Par ailleurs, le durcissement réglementaire prolonge des mesures déjà en place. Il y a déjà en place, un encadrement strict de la publicité des cryptoactifs depuis octobre 2023, avec des avertissements de risque obligatoires.
Les stablecoins et l’intégrité de marché deviennent des axes centraux du cadre réglementaire
Un autre volet structurant concerne les stablecoins, désormais envisagés comme des instruments nécessitant un encadrement prudentiel spécifique. Le futur cadre distingue des « stablecoins qualifiés », adossés à des monnaies fiduciaires.
Il prévoit des règles renforcées sur la sauvegarde des actifs, la transparence des réserves et la gestion des risques. Parallèlement, la Banque d’Angleterre travaille sur un régime dédié aux stablecoins libellés en livres sterling susceptibles de devenir systémiques.
Le texte introduit également des règles relatives à :
- l’admission des cryptoactifs sur des plateformes autorisées,
- la qualité de l’information fournie aux investisseurs et
- la prévention des abus de marché, tels que les manipulations de cours ou l’utilisation d’informations privilégiées.
L’objectif affiché est de rapprocher le fonctionnement des marchés crypto des standards appliqués aux marchés financiers traditionnels.
Pour les entreprises du secteur, cette évolution implique des coûts de conformité plus élevés, mais aussi une meilleure lisibilité réglementaire. En toile de fond, le Royaume-Uni cherche à transformer un secteur perçu comme risqué en une industrie compatible avec l’investissement institutionnel.

